Le droit au repos, un droit social fondamental

Les règles sont pourtant simples. La loi de 1906 sur le repos hebdomadaire pose deux dispositions importantes.

Il est interdit d’employer un même salarié plus de 6 jours par semaine, et le jour de repos hebdomadaire doit être donné le dimanche.

La règle reste mais les dérogations sont nombreuses. Sous la pression d’un mouvement de contestation récurrent et la volonté d’allonger le temps de travail dans certains secteurs, les gouvernements successifs complexifient au fils du temps la règle par diverses entorses.

Deux conceptions  s’affrontent dans ce débat.

L’une repose sur une confusion entre loisirs et consommation tout en ciblant le temps de travail. L’autre met l’accent sur le temps de vivre, le repos, la santé, et la vie familiale et citoyenne.

La première conception est très largement portée par les multinationales de la grande distribution. Ce lobby patronal est à l’origine de beaucoup d’exceptions au repos hebdomadaire dont le but est d’augmenter le chiffre d’affaire.

A ce jour, il existe de très nombreuses « libertés » et exceptions très diverses :

-Des dérogations permanentes de droit liées aux contraintes de la production ou des besoins du public

-Dérogation de droit dans les établissements de vente au détail implantés dans les zones touristiques

-Dérogation de droit dans les commerces de détail alimentaires (jusq’au 13 h le dimanche)

-Dérogations au repos hebdomadaire accordés par la Maire dans les établissements de commerce de détail

-Dérogations autorisée dans l’industrie par accord collectif instituant des équipes de suppléance ou du travail en continu

-Dérogations du Préfet lorsque le repos du dimanche est préjudiciable au public ou compromettrait le fonctionnement normal de l’établissement

-Dérogations du Préfet dans les établissements de vente au détail implantés dans des périmètres urbains de consommation exceptionnelle (PUCE) (zone de plus de un millions d’habitants)

Pour l’essentiel, les contreparties salariales sont ignorées dans la majorité des ces dispositifs.

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Vers une nouvelle phase d’élargissement ?

Une étape nouvelle semble être dans l’objectif de ce gouvernement. Le projet de loi Macron (Ministre de l’économie) dont l’esprit est rendu public en octobre dernier sous prétexte de mettre fin à une certaine « complexité », préconise notamment d’augmenter les dérogations du maire de 5 dimanches à 12 dimanches possibles pour les commerces dans l’année, l’ouverture dans les gares, la création de zones internationales permettant le travail du dimanche toute l’année, et enfin de rendre possible le travail en soirée.

La dérogation des maires est passée de 3 à 5 dimanches sous la droite. Cette fois, dans le projet Macron, les 5 dimanches deviennent obligatoires avec la possibilité de monter à 12 dimanches. Et dans un temps record la « gauche » fait mieux que la droite la plus libérale. A ce rythme, il n’est pas impossible que les 52 dimanches soient ouverts au travail. C’est déjà le cas, pour les salariés concernés dans les zones touristiques et certaines régions comme l’ile de France.

Le projet Macron innove et élargit les potentialités de travail tous les dimanches avec des zones dites internationales concernant les établissements de vente au détail qui mettent à disposition des biens et des services. Délimitées au niveau ministériel et non plus préfectoral, ces nouvelles zones permettront le travail tous les dimanches. Les contreparties n’existent pas pour les établissements en dessous du seuil de 20 salariés.

Pour de nombreux salariés, (et pas que dans le commerce puisqu’il faut aussi une certaine logistique (banques, sécurité, maintenance, nettoyage…) à l’ouverture dominicale), il ne sera plus question de voir le conjoint, la famille, l’équipe de foot, le club culturel… le seul jour un peu « collectif » que représente dans la réalité le dimanche.

Mais Monsieur Macron et son équipe décidément dans une autre réalité préconisent d’aller encore plus loin. La soif du libéral Ministre qui veut « déverrouiller » l’économie, entend faciliter le travail de nuit. La trouvaille est énorme : le travail en soirée le dimanche ! Dans les nouvelles zones crées « zones touristiques » mais aussi les gares, les commerces pourraient ouvrir jusqu’à minuit.

Le travail en soirée serait alors une nouvelle notion en droit du travail car la seule notion existante c’est le travail de nuit réglementé et devant rester exceptionnel (de 21h à 6h). On voit poindre non seulement de nouvelles dérogations à la règle mais aussi une redéfinition du travail de nuit.

On s’éloigne de plus en plus du principe et des règles simples d’une pause dans la semaine de travail pour tous et toutes. La folle course à l’exploitation et aux chiffres d’affaires remplace toute logique humaine.

Ce gouvernement et sa majorité naviguent à contre sens de l’histoire sociale et donc du progrès social.

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Un droit social fondamental

Cette nouvelle offensive régressive n’est pas souhaitable pour des raisons à la fois économiques, sociales et de santé publique.

Le commerce est un secteur où la précarité explose, les mauvaises conditions de travail sont toujours en cause. (CDD, temps partiels subis, astreintes, convention de forfait, heures supplémentaires illégales, prêt de main d’oeuvre illicite ou travail illégal..) Mettre fin au repos hebdomadaire le dimanche et accroître le report un autre jour renforce cette tendance.

Il n’est pas prouvé que les chiffres d’affaires du commerce s’améliorent du fait de la présence d’une concurrence accrue…

Après avoir épuisé les possibilités d’ouverture, « le plus fort gagne ». Une situation de monopole peut aussi s’instaurer au profit des grands groupes.

Le risque à terme est de voir surgir à nouveau une demande du « lobby » pour des dérogations cette fois toute la nuit…. et une extension à d’autres secteurs : c’est sans fin.. ! Il ne restera plus beaucoup de temps aux consommateurs qui sont aussi des salariés, pour consommer…à part les quelques privilégiés au fort pouvoir d’achat pour acheter du parfum à 22h !

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La concurrence des grandes enseignes fait aussi mourir l’artisanat et les petits commerces. Le résultat est évident dans les zones rurales mais aussi en zone urbaine. Le petit commerce ne fait pas le poids face aux géants de la distribution. Le discours est donc contradictoire sur ce point de la part des pouvoirs publics qui travaillent en réalité pour les plus « gros ».

On nous dit mais  » les salariés souhaitent travailler le dimanche ». Voilà le seul argument des médias dominants et des grands patrons du MEDEF censés mettre fin à la discussion.

Or, la réalité démontre que le volontariat n’existe pas !

Quand on connaît la pression du chômage, la faiblesse des salaires que subissent les salariés du secteur sans compter le lien de subordination du salarié dans le contrat de travail, cette affirmation est une escroquerie. Le volontariat n’existe pas,  la servitude est une réalité souvent demandée à la catégorie la plus précarisée : les jeunes par exemple, étudiant ou non. Enfin, les femmes sont majoritairement concernées par le travail à temps partiels et les bas salaires.

Puis avec le temps, le « volontariat » se transforme en obligation pour tous les salariés de l’enseigne par les contraintes internes du management ou de la logistique d’un commerce qui ne peut tourner qu’avec des étudiants ! La pression diffusée sur l’ensemble des salariés dans un tel contexte entraîne le travail obligatoire du dimanche par roulement.

La mise à l’écart d’un jour commun fait aussi éclater les vies et les repères. C’est en partant des conséquences (le précariat) que l’on tend à généraliser encore la précarité. La vie est précaire disait une responsable du MEDEF…Cependant, l’histoire sociale montre la recherche constante de sécurité et de lien collectif. La construction de l’être au sens plein du terme est au centre des batailles gagnées contre l’accumulation du capital et des biens matériels…

Temps de travail et santé au travail

Au fond, la question du temps de travail rejoint toujours la question de la santé au travail. Mais plus largement c’est la santé publique qui est largement mise en cause. Déjà, lors des débats sur la loi de 1906, les arguments du corps médical était clair : l’arrêt de travail un jour dans la semaine permet une amélioration de la durée de vie et des capacités de récupération.

Depuis longtemps, il n’est plus à prouver que le travail de nuit est reconnu comme néfaste à la santé. Le travail de nuit est classé en groupe cancérogène probable…En 2007, après diverses études scientifiques, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a conclu que le travail de nuit était probablement cancérigène chez les humains. La très grande majorité des gens qui travaillent de nuit finissent par souffrir de troubles de sommeil à long terme. Le travail de nuit est source de risques cardiovasculaires, de déséquilibres nutritionnels, d’affaiblissement des défenses immunitaires…

Le développement des horaires de travail atypiques, et du travail de nuit accroît les difficultés d’une vie de famille équilibrée. Il faut tenir compte encore des durées de transports de jour comme de nuit. Les horaires atypiques sont sources de dégradation de la santé. Des études prouvent aujourd’hui une cruelle réalité entre cancers et horaires atypiques.

L’ensemble des études dont on dispose aujourd’hui inciterait en conséquence l’Etat à engager une protection des travailleurs et des citoyens au regard des obligations de prévention des risques professionnels mais aussi de la protection du citoyen.

La santé est un bien précieux, que les avancées sociales contribuent à sécuriser.

On peut affirmer que les conceptions présentées encore aujourd’hui comme « moderne » consistant à ne répondre qu’aux attentes des milieux d’affaires pour étendre les durées du travail datent de conceptions héritées du 19 ème siècle actualisées à l’heure de la finance mondialisée. Les arguments des patrons de l’époque contre la journée de 8 h, contre le repos hebdomadaire, mais pour le travail des enfants se fondaient sur …la compétitivité des entreprises et l’amélioration des marges.

L’amélioration de la durée de vie doit beaucoup plus au « progrès social » et au développement de la réduction du temps de travail.

Il est nécessaire d’engager un nouveau mouvement, un mouvement d’émancipation. Il s’agit de culture autant que de droit. Nous devons commencer par rendre plus lisible la règle ce qui suppose d’élargir le droit au repos tout en améliorant les conditions de travail.

Par exemple en commençant par abroger les dérogations du maire et les dérogations PUCE, les équipes de suppléances, tout en progressant vers l’interdiction du travail de nuit.

Mais plus globalement, il faut engager une mutation complète. Une politique nationale de réduction du temps de travail avec tout ce que cela implique doit être au cœur d’une grande politique sociale, culturelle et de santé publique débarrassée des vieilles lunes de l’idéologie managériale et mercantile. Il s’agit là d’une ardente obligation.

 

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Succès de la votation citoyenne !

Les 8, 9, 10 et 11 novembre, l’opération de votation citoyenne se déroulait partout en France.

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Le communiqué du PG sur les résultats :

La votation citoyenne pour le droit de révoquer les élus impulsé par le Parti de Gauche a mobilisé des  bénévoles et des votants pendant 4 jours, dans 75 départements français y compris la Guadeloupe et l’Ile de la Réunion. 500 urnes ont été ouvertes où chacun pouvait répondre à la question « Etes-vous favorables au droit de révoquer les élu-e-s.

Visiblement, la question posée répondait bien à l’aspiration des français puisque 184 892 personnes ont participé à la votation.

Le Parti de Gauche se félicite d’une telle participation, exceptionnelle pour une votation qui était organisée pour la toute première fois . Il souhaite répondre favorablement aux demandes qui ont été exprimées en vue d’une nouvelle votation sur le même thème à une échéance à déterminer. Le Parti de Gauche propose que la prochaine édition de la votation soit organisée par un rassemblement citoyen le plus large possible. Il fera cette proposition tant au mouvement M6R qu’au FDG et plus globalement à toutes organisations de gauche opposées au gouvernement.

Campagne d’éducation populaire pour l’acquisition d’un droit citoyen nouveau, la votation a – logiquement – très majoritairement recueilli des voix favorables au droit de révoquer les élus à partir de la mi-mandat. Ainsi, 181 186 se sont prononcées pour le OUI (98%) tandis que 3 706 personnes ont voté NON (2%). Rappelons qu’un sondage organisé par le journal « 20 minutes » donnait également une majorité au droit de révoquer avant même le début de la votation.

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A Besançon, 697 votants. 663 favorables au droit de révoquer les éu.e.s, 22 contre, 12 bulletins nuls. Les urnes ont été tenus place du 8 septembre, quartiers Battant et St Ferjeux pendant 4 jours.

Reportage dans le journal de radiofrancebleu :

http://www.francebleu.fr/infos/le-journal-regional-de-8h-en-franche-comte/le-journal-de-8-heures-385

Est Républicain :

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M6R : http://www.m6r.fr

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Votation citoyenne

Dans toute la France, une vaste campagne a commencé à tous les niveaux pour changer « les règles du jeu ». Le mouvement de Jean Luc Mélenchon pour la 6ème République est lancé depuis le mois d’août.

Il est urgent de rejeter ces normes imposées à tous, et de redonner la parole au peuple par une Assemblée constituante.

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Le système de la 5ème est bloqué. François Hollande et sa majorité conduisent une politique impopulaire malgré plusieurs défaites électorales. Il n’a pas été élu pour faire une politique de droite. Les régressions sont énormes et totalement à contre courant du progrès social et écologique.

Une caste au pouvoir dirige sans lien avec « la réalité sociale ».

L’impasse est telle que « qu’ils s’en aillent tous » de JLM est porté par un Parti d’extrême droite ancré dans le système. Si bien que le FN, aidé des médias, apparaît comme anti-système alors même qu’il n’entend pas changer la répartition des richesses encore moins une 6ème République.

Le mot « gauche » ne veut plus rien dire tant ce gouvernement piétine ses valeurs.

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Il existe une sortie de l’impasse par le haut. La démocratie est le préalable. Les règles du jeu actuelle protègent l’oligarchie de tout changement.

C’est pour cela que le Parti de Gauche soutient le mouvement pour une 6ème République, réellement démocratique, sociale et écologique, qui garantirait de nouveaux droits.

Le droit de révoquer les élus (es) est un droit essentiel.

A mi-mandat, pour tous  les élus (es) le droit de révocation par le peuple pourrait être un puissant moyen de rendre vertueux le comportement des élus. Les engagements de campagne seraient alors soumis à vérification. Le Parti de Gauche organise une votation citoyenne le 8 9 10 et 11 novembre 2014.

A Besançon, le 8 novembre place du 8 septembre 2014 de 10h à 18h Votons !

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Campagne des Européennes avec le DIE LINKE à Besançon

Un semaine chargée vient de se terminer. On se souviendra d’un moment important dans cette campagne du Front de Gauche dans l’EST : la venue de nos camarades de Die Linke à Besançon le 15 mai.

Les échanges avec nos deux invités (Richard Pitterlé Die Linke et Jean Marie Drobisz PCF) et le public furent d’une grande qualité avec en conclusion Gabriel Amard Tête de liste du Grand Est pour le Front de Gauche.

L’introduction de Richard Pitterlé député du Die Linke au Bundestag 

« Mesdames, Messieurs, chers camarades,

J’aimerais d’abord vous transmettre les salutations chaleureuses du groupe parlementaire “Die Linke”, ainsi que du bureau exécutif “Die Linke” du Bade-Wurtemberg.

On m’avait demandé si j’étais prête à intervenir ici, à Besançon. Et c’est sans hésitation que j’ai répondu : Oui. Car j’avais rencontré deux semaines auparavant, lors d’une réunion publique à Sindelfingen, la directrice de Marx ESPACE, Elisabeth Gauthier, originaire de Corbeilles-Essonne, précisément la ville avec laquelle nous sommes jumelés. Et j’avais trouvé cet échange entre forces de gauche en Europe d’une grande importance.

En des termes différant un peu de l’affiche, le thème de la rencontre de ce soir est : “Le modèle allemand est-il un exemple pour la France ?”.

On dit bien souvent que l’Allemagne est la locomotive de l’Europe, car elle a fait des “réformes”. Et les médias, ainsi que les sociaux-démocrates allemands, enjoignent Hollande à engager ces mêmes réformes.

Ces exhortations sont  font systématiquement en référence à l’Agenda 2010, qui aurait soi-disant rendu l’Allemagne compétitive, et il est indéniable que l’économie allemande a éliminé la concurrence des autres pays dans un grand nombre de secteurs. Mais à quel prix et qui en fait les frais ?

L’Agenda 2010 a créé le plus grand secteur  de bas salaires et a vidé les caisses de l’Etat. Les inégalités entre riches et pauvres se sont accrues comme jamais dans l’histoire de la République Fédérale.

L’agenda 2010, inventé par un chancelier social-démocrate (Gerard Schröder), et porté par une coalition SPD-Grünen, a réussi à rétablir la dite compétitivité de l’Allemagne, par des mesures touchant au droit social, au droit du travail, ou encore à la fiscalité. J’aimerais citer quelques-unes de ces mesures :

– La durée des allocations chômages fut raccourcie, passant de 24 mois à 12 mois

– Les aides sociales et les aides aux chômeurs ont été fusionnées, devenant la dite “couverture de base pour les chercheurs d’emploi”, ou plus simplement “alloc-Hartz-IV” – soit 391€.

– Le bénéficiaire de cette prestation ne doit pas posséder  de patrimoine ; dans le cas contraire, celui-ci est déduit de la prestation en fonction de l’âge de l’allocataire, un seuil plancher ne pouvant être dépassé.

– La reconnaissance de qualification fut supprimée : elle permettait au demandeur d’emploi de refuser un emploi sous-qualifié. Par exemple, un ingénieur à qui on aurait proposé un emploi de balayeur.

– On a obligé les demandeurs d’emploi à accepter n’importe quel travail, même mal payé ou sous-qualifié ; en cas de refus, de sévères sanctions étaient prévues, notamment la diminution des allocations.

– Die Linke a vivement critiqué cette loi : Hartz IV, c’est la pauvreté imposée par la loi.

– L’âge légal de départ à la retraite a été porté de 65 à 67 ans, avec les voix de tous les partis sauf Die Linke. Au final, cela a conduit à une baisse des pensions.

Ces mesures en matière de droit social s’accompagnent de mesures en matière de droit du travail :

– La protection contre les licenciements a été affaiblie. Jusqu’ici, tous les travailleurs des entreprises de plus de 5 salariés bénéficiaient d’une loi de protection contre les licenciements. Après la “réforme”, cela ne concerne plus que les entreprises de plus de 10 salariés. Ainsi, ce sont plusieurs millions d’employés qui ne bénéficiaient plus de cette protection.

– On a donné le droit aux employeurs d’embaucher en CDD, même sans motif. Ainsi, les CDI sont devenus l’exception pour les travailleurs entrant sur le marché du travail.

– Le travail intérimaire s’est étendu, par la suppression des paragraphes qui limitaient le travail intérimaire à 6 mois. Aujourd’hui, toute limite a été supprimée, de sorte que, dans de nombreuses entreprises, un tiers du personnel est composé d’intérimaires. D’où une moindre capacité du personnel à lutter, car les intérimaires ne font pas grève, espérant obtenir un jour un contrat de travail stable.

– Les grandes entreprises automobiles précarisent également les conditions de travail, à travers les contrats d’entreprise.

Toutes ces mesures de l’Agenda 2010 ont largement  contribué à créer  un immense secteur de main d’œuvre précaire et bon marché. Il a renforcé la compétitivité de l’Allemagne, puisque le salaire net a diminué en conséquence. La balance commerciale de l’Allemagne est positive, ses excédents correspondants aux pertes de ses voisins.

A ceci se sont ajoutées des allègements d’impôt pour les plus riches et pour les entreprises, au prix d’une moindre capacité d’action des pouvoirs publics.

La tranche supérieure d’impôt sur le revenu, qui est restée autour de 53% pendant le long mandat du chancelier CDU Helmut KOHL, a été abaissée à 42%. Les impôts sur les sociétés par action sont passés de 45% à 25%, puis même à 15%. Rien d’étonnant, donc, à ce que 80% de l’impôt provienne désormais de l’impôt sur le revenu et des taxes à la consommation, tandis que 20% seulement proviennent des impôts sur les sociétés par actions.

Cette politique d’impôt sur le revenu, l’abandon de l’impôt sur la fortune et d’ impôt approprié sur les succession ont accéléré la redistribution des revenus, des plus pauvres vers les plus riches.

Je cite le Frankfurter Rundschau du 26 février 2014 :

“ Dans aucun pays de la zone-euro, l’écart entre riches et pauvres n’est aussi grand qu’en Allemagne. Comme le montre une étude de l’Institut allemand de recherche économique, un cinquième de la population ne possède absolument aucun patrimoine. Quant aux 1% les plus riches, ils possèdent au moins 800 000 euros, en biens mobiliers, en actions, en assurance-vie, ou autres valeurs en volume. Pour les 10% les plus riches, ces revenus se montent à 217 000 euros.”

Est-ce là un modèle pour la France ? Ceux qui vous préconisent ce genre de modèle ont égaré quelques neurones en cours de route. Et tous leurs discours sur les “réformes” ne sont que de la poudre aux yeux. Autrefois, lorsqu’on parlait de réformes, on améliorait les conditions de vie. Aujourd’hui, quand les dominants annoncent des réformes, tous les travailleurs savent qu’ils vont être ponctionnés.

Je ne peux que vous inviter à ne pas suivre le chemin pris par l’Allemagne ; car la compétition pour les plus bas salaires ne peut que nous entraîner dans une spirale descendante sans fin. En tant que parti de gauche, nous revendiquons la hausse des salaires pour le commun des travailleurs, l’abolition des conditions précaires de travail, et l’instauration d’un salaire minimum de 10 euro l’heure.

Puisqu’il est question des élections européennes : quelle est la position de Die Linke sur l’Europe ? J’ai un avis personnel sur la question, qui tient au fait que j’ai grandi en Tchécoslovaquie, mon pays natal. C’est-à-dire dans un pays qui, dans son histoire, a beaucoup souffert de l’hégémonie de l’Allemagne. C’est la raison pour laquelle je trouve bon que l’Allemagne soit intégrée dans à l’Union Européenne, et contrainte par les traités européens à chercher des compromis avec ses voisins. On a même enlevé à l’Allemagne la possibilité de déterminer la politique monétaire de sa banque centrale. Et l’Allemagne ne pèse que pour 17% sur les décisions concernant la Banque Centrale Européenne.  Les autres pays peuvent mettre l’Allemagne en minorité. Maintenant, beaucoup viendront dire que l’Allemagne règne sur l’Europe grâce à l’UE. Imaginons un instant que l’UE n’existe pas. Qui ferait la pluie et le beau temps en Europe ? Je pense que la question mérite réflexion.

Mais il y a encore une bonne raison pour moi de rester attachée l’UE, malgré toutes les critiques quant à sa construction. Les entreprises et les grandes banques agissent à l’échelle européenne. La régulation de leurs activités à l’échelle nationale n’est pas possible. Raison pour laquelle il faut une institution à l’échelle européenne, qui établisse des limites et des règles. Cette institution est le terrain sur lequel se joue la lutte des classes. Nous combattons pour ne pas laisser l’Europe aux entreprises et aux banques; nous voulons l’Europe sociale et pacifique. C’est un combat qui mérite d’être mené. Combattons ensemble pour plus de démocratie et de droits sociaux, pour une taxe sur les millionnaires à l’échelle européenne qui permette de redresser le budget de tous les pays, contre les politiques d’austérité qui plongent des millions d’êtres humains dans la pauvreté, et nous exposent aux marchands de canons.

Vive la solidarité internationale! »

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Le 25 mai, avec le Front de Gauche pour rompre et refonder l’Europe !

Printemps de résistance face à l’austérité et au GMT !

Le 1er mai le rassemblement des syndicats de travailleurs a été marqué cette année par la lutte contre l’austérité déployée en France par le gouvernement.

Ce sont surtout les syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires, qui sont unis contre le pacte de responsabilité et la politique d' »austérité » du gouvernement de Manuel Valls.

On pense ici en Franche-Comté aux salariés d’Alstom soumis aux opérations néfastes du patronat et des actionnaires.  Nous avons besoin d’Alstom, un fleuron essentiel de notre économie, une fierté pour ses salariés et pour la France. L’enseignement (université..) est sacrifié.  Les fermetures d’école dans tous nos départements continuent.
Les agents de l’inspection du travail institution chargée d’appliquer le code du travail, détruite et mise en pièce par ce gouvernement, étaient dans les cortèges.
Les intermittents sont intervenus dans le cortège pour interpeller FO. Les intermittents dont la lutte est exemplaire s’opposent à la précarité généralisée.
Oui cette année, il a de quoi dire notre opposition à ces politiques du rabais sur le dos des salariés. Ce sont toujours les mêmes qui subissent la dictature de la finance et des banques, des multinationales. Il faut mettre fin à ce système antisocial. Nos vies valent plus que leurs profits !

Hier soir, le grand meeting régional de Nancy le 13 mai, Jean Luc Mélenchon a fait un grand discours. Une belle soirée Lorraine ! Je tiens à souligner la très bonne organisation et l’accueil excellent de nos camarades Lorrains.

A Besançon, Jeudi soir nous organisons une table ronde avec le Die Linke. Nous avons l’honneur de recevoir nos camarades Allemands et Jean Marie DROBISZ PCF.

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Les multinationales justement sont plus que jamais à l’offensive. Gabriel Amard abordera sans doute cet aspect à Besançon le 15 mai pour notre réunion publique avec le Die Linke. Un moment important dans cette campagne sur la comparaison du modèle Allemand et Français. Il est intéressant d’avoir les points de vue du Die Linke et des syndicalistes Français et Allemands.

Un accord de libre échange pas comme les autres

L’action des multinationales auprès des institutions européennes, des gouvernements, dans les négociations sur le grand marché transatlantique (GMT) sont sur le point d’aboutir si nous ne parvenons pas à mobiliser et renverser le rapport de force. Ce « GMT » est encore inconnu du grand public. Pourtant, il est source d’une nouvelle organisation radicale des relations politiques, sociales, et humaines. Abaisser les normes sociales, environnementales au plus bas fait partie des objectifs en instaurant des mécanismes de contrainte pour les Etats. Ce traité entre UE et USA va plus loin que tous les accords de libre échange. Il se propose de confier la définition des normes aux privés, aux multinationales ! Ce sont des normes édictées par le privé pour le privé…

La mise en place d’un ordre juridique nouveau qui donne aux tribunaux arbitraux une compétence exclusive pour tous les litiges opposants les Etats et les multinationales est indiqué dans le texte du GMT. Il s’agit là, d’une atteinte frontale aux systèmes judiciaires classiques des Etats souverains. La pratique de règlement des conflits est admise au sein de l’OMC mais les membres sont tous des Etats. Avec le GMT, ce qui est vrai aussi pour l’accord ALENA (Canada, USA, Mexique..) le règlement des litiges est « jugé » par un tribunal arbitral. L’arbitrage est un mode non étatique de règlement des litiges. Il s’agit d’une justice privée. L’arbitrage permet donc de régler un litige sans passer par les tribunaux de l’État mais par une juridiction arbitrale. (tribunal composé de membres choisis par les parties). Les multinationales pourront donc attaquer les Etats et les législations contraires au libre marché et aux intérêts des investisseurs. Le GMT s’intéresse à tous les niveaux de gouvernements ! Les municipalités sont concernées autant que les régions.

On voit là tout l’intérêt de cette « justice » très privée. Les compensations en cas de décision contraire pour les Etats sont dissuasives puisque toujours financières. Les multinationales possèdent des budgets supérieurs aux Etats ! Comment feront les petits Etats ?

Autant dire que toutes les législations sociales, les protections culturelles (sauf l’audiovisuel), les normes sanitaires qui bloqueront les investissements ou les implantations des multinationales sont menacées.

Avec le GMT, tout le pouvoir doit revenir aux firmes privées ! La souveraineté populaire fondement de la démocratie est écrasée.

En tout état de cause, la période des européennes est un moment important de la lutte politique que nous menons contre ce GMT véritable pièce maîtresse de la réorganisation du monde sous l’égide des USA.

Hollande veut aller vite pour adopter ce traité. La droite est en phase avec les lignes très libérales du GMT qui correspondent à sa doctrine. Seul le Front de Gauche incarne une opposition radicale à ce traité.

Le vote du 25 mai est donc d’une importance capitale puisque le nouveaux parlement européen devra ratifier ce traité en 2015.

Il est nécessaire de poursuivre la bataille des idées. A Besançon un grand débat sur le GMT est organisé salle Battant à 20 h le 16 mai.

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La stratégie indépendante et autonome du Front de Gauche confortée  par les élections municipales

Malgré les manœuvres pré-électorales pour empêcher la présence d’une liste « Front de Gauche » à Besançon, nous avons réussi à imposer notre participation, non pour le plaisir, mais pour défendre et développer nos idées éco-socialistes.

Une campagne électorale est un moment politique majeur. Cela permet de faire le lien entre les luttes en cours et le nécessaire travail d’éducation populaire.

En tout état de cause, nous avons marqué les esprits par notre campagne militante et active. C’est toujours un pas de plus vers la révolution citoyenne.

L’attitude et la politique désastreuses du PS et de ses alliés

Notre score de 7,12 % peut paraître en dessous de la moyenne nationale du Front de Gauche, mais il faut tenir compte de la présence de 4 autres listes classées à gauche et à l’extrême-gauche (2 listes menées par des élus ex-PS non reconduits, une liste Lutte Ouvrière, et une POI, et une sixième liste…).

Il faut souligner que certaines de ces petites listes ont fait un score conséquent. Score qui en dit long sur la décomposition avancée du parti socialiste.

Après le premier tour, le Parti socialiste et son allié le PCF ont fait preuve d’un grand sectarisme en rejetant toute idée de fusion technique avec la nôtre. Ils n’ont même pas daigné nous rencontrer.

Pourtant, une telle représentation du Front de gauche aurait permis de limiter fortement la présence de la droite et l’entrée de l’extrême droite au Conseil municipal.

Pour Jean-Louis Fousseret, aucune alliance ne peut se faire si l’on ne s’aplatit pas devant lui, en acceptant sa politique, qui n’est, on ne le sait que trop, la simple traduction de la politique nationale austéritaire de François Hollande. Il impose, par exemple, à tous ses colistiers, du premier ou du second tour, leur engagement préalable à voter, les yeux fermés, les budgets des 6 années à venir.

Ainsi, le PCF et les Verts sont tenus par une belle muselière. Mais on leur laisse tout de même la possibilité d’une certaine marginale et de pure forme afin de sauver les apparences. Pour le reste, les rentes et les petits avantages font l’affaire.

Evidemment, notre liberté de vote et notre programme ne sont pas solubles dans ce genre de diktat. Notre indépendance est primordiale : c’est la garantie d’avoir à Besançon comme ailleurs une ferme opposition de gauche, un porte-voix des plus démunis de nos concitoyens. D’autant que la pseudo « gauche » locale n’a plus rien de gauche, en vérité.

Alors, pour le second tour, le PS et ses alliés PCF EELV comptent sur des reports automatiques. On aurait dit que nous étions, à leurs yeux, rien qu’un cheptel électoral. Ils ne daignent même pas faire semblant de reprendre à leur compte quelques unes de nos propositions. Rien à faire, ils nous traitent comme si on était leur dû.

C’est dire l’écart flagrant entre gouvernés et gouvernants ?

Mais nos électrices et nos électeurs ne sont pas des moutons. Leur désaveu est assez clair d’ailleurs, pour la liste gouvernementale PS qui porte l’austérité ici à Besançon : une perte de 23% en rapport de 2008. Autant dire un tremblement de terre.

Les électeurs qui n’ont pas accordé leur voix au maire sortant ont voulu exprimer leur souhait d’une gauche authentique tant au niveau national qu’au niveau local. Le courage aurait été de tirer toutes les conséquences de la présence du FN et d’une abstention importante.

D’une manière ou d’une autre, ce sont tous les partis ou groupes dans le giron du système qui sont sanctionnés gravement.

Les responsables de la crise sociale et écologique, du déficit démocratique sont ceux qui mènent les politiques libérales désastreuses depuis déjà quelques années sans aucun changement au local comme au national.

Certes, il n’y aura pas d’élus Front de Gauche au Conseil Municipal pour cette fois ci. Mais ce n’est que partie remise : on le sait, notre potentiel va bien au-delà de 10%.

Il reste que cette opposition de gauche existera toujours. Nous la représenterons hors du conseil municipal, mais notre colère, qui est celle du peuple bafoué, saura se faire entendre partout.

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L’indépendance du Front de Gauche confortée

Contrairement à ce que le PCF prône partout, le Front de gauche ne pourrait se réduire à un satellite du PS !

Depuis 2009, date de création et de lancement du Front de Gauche, aussi bien dans les urnes que dans les luttes, nous n’avons cessé de suivre une ligne d’autonomie afin d’inverser le rapport de force électoral et politique sur la base d’un axe programmatique véritablement de gauche.

Et nous assumons complètement cette stratégie. Et elle se trouve amplement validée lors de ces élections : partout en France, les listes « Front de Gauche » ont progressé. Très souvent même, nous enregistrons des scores à deux chiffres.

Nous sommes la gauche ! Soyons fiers de notre force ! Il nous revient de peser le plus lourdement possible dans le futur proche.

Le Front de Gauche conquérant et dynamique existe et attire à lui de nombreux citoyennes et citoyens, qui y retrouvent l’espoir qu’on nous disait définitivement perdu.

Beaucoup de mes camarades ont donné sans compter de leur temps pour cette échéance municipale. Nous avons toujours été guidés par l’intérêt général.

Nous sommes maintenant sur la route d’un enracinement définitif dans le champ social et politique. Nous sommes présents sur tous les terrains de lutte.

Notre résultat prouve que l’engagement auprès de nos concitoyens est essentiel. Et  il est aussi payant : la preuve en est que notre force dans l’action a attiré vers nous de plus en plus de citoyens. Et cela dépasse largement le cadre des organisations politiques.

Nos jeunes militants, en particulier, sauront porter cette volonté de défendre nos idées, non pas pour vivre de la politique comme le font ces politiques professionnels, mais pour la grandeur d’un projet politique.

L’espoir est là, à Besançon.

Le Front de Gauche sera présent lors des rendez-vous prochains, notamment dans quelques semaines.

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